Elevage en batterie : Ce que l’on ne veut pas voir

Juin 2011

poulesL’article qui suit est édifiant. Il a été rédigé par Sylvie Simon pour la revue Biocontact : « Chaque fois que nous achetons une boîte d’oeufs qui ne porte aucune mention sur le mode d’élevage, nous pouvons être certains que ces poules ont été élevées en batterie. C’est-à-dire qu’elles sont quatre dans une cage de 40 cm de côté, constamment éclairées par de la lumière artificielle, et leur espérance de vie ne dépasse pas un an ».
" Elles mettent six semaines au lieu de six mois à atteindre leur poids “normal”. L’observation de leurs troubles de comportement indique un rejet de ces traitements contre nature qui engendrent de leur part une forte agressivité.
C’est pour cette raison qu’on leur administre des calmants et qu’on les ampute de leurs becs et de leurs griffes. Ces traitements impliquent une forte mortalité. Pour éviter les maladies, on les gave d’antibiotiques et de médicaments que l’on retrouvera dans l’oeuf, donc obligatoirement dans notre assiette.
Mais l’important est que ces poules pondent environ douze fois plus que les poules élevées en liberté. Après l’abattage, leur carcasse sert à confectionner des bouillons et des raviolis !
 
En France, 50 millions de poules pondeuses sont ainsi condamnées à perpétuité. Quant aux poussins mâles, non productifs, ils sont gazés ou broyés vivants afin d’être transformés en farine animale. »
 
Jacqueline Bousquet, docteur ès sciences et chercheuse honoraire au CNRS, s’indigne : « Comment considérer les oeufs issus des ces malheureux volatiles ? Certains les nomment oeufs de la souffrance, oeufs de la honte."
Si les consommateurs pouvaient voir sur les présentoirs la photo de ces poules dont la détresse physiologique est incommensurable, ils se détourneraient avec dégoût d’un tel produit porteur de mort.
Ces oeufs manifestent du reste une inversion de polarité très inquiétante. Nous devons aujourd’hui manger moins, mais manger mieux.
Ce changement de comportement nous est imposé par la Nature que nous pensions asservir et bafouer en toute impunité.
Qu’attendent les scientifiques pour démontrer qu’il n’y a pas de salmonelle dans les oeufs provenant de poules élevées normalement, c’est-à-dire disposant d’une nourriture naturelle, d’un espace vital correct, pouvant gratter le sol et se percher comme l’a décidé Mère Nature qui l’a programmé dans leurs gènes ?
 
Les poules ne sont pas les seules victimes de ce système de surproduction.
Tous les animaux comestibles subissent un sort identique. Dans cette compétition sans limites, il est indispensable d’élever un veau en moins de trois mois et celui-ci doit alors atteindre cent cinquante kilos. Pour réussir ce tour de force, il suffit d’écouter les conseils des spécialistes en suralimentant les animaux que l’on retire à leur mère dès la naissance.
 
Pour que leur viande reste blanche et tendre, on les emprisonne dans des boxes sans paille de 1,2 m sur 0,65 m où ils ne peuvent bouger et où ils sont nourris avec le seul lait fourni par la coopérative. On les prive de lumière et, en toute légalité, on leur administre des doses massives d’antibiotiques pour combattre la prolifération de maladies infectieuses, ce qui permet aux souches bactériennes de devenir résistantes aux antibiotiques.
 
Par ailleurs, il est fréquent que ces animaux développent un comportement agressif, voire hystérique, car ils sont soumis à des stress et à des décharges hormonales qui minent leur système immunitaire. Pour pallier cet état de moindre résistance, on leur administre des médicaments anti-stress, des substances para-hormonales, des vaccins, ainsi que des stimulants cardio-respiratoires à titre préventif, sans oublier, sur cette liste inquiétante, les vitamines et autres substances chimiques indispensables à leur survie.
 
Il est évident que ce cocktail abominable se retrouve dans notre assiette ! Il en va de même pour les porcs. Autrefois, on estimait qu’un hectare était nécessaire pour engraisser 40 porcs. À présent, ils sont 5000 entassés sur la même surface, au milieu de leurs déjections, et doivent atteindre le poids de 110 kilos en six mois. Quant aux truies, elles sont maintenues au sol par des sangles tout au long de la gestation et de l’allaitement.
 
D’après un sondage de la SOFRES de février 1999, 83% des Français estiment que l’élevage en batterie est cruel et 78% souhaitent qu’il soit interdit.
Pourtant, malgré cette opinion, les consommateurs persistent à consommer les produits immondes qu’on leur propose, au lieu de les boycotter ; aussi peu importe leur avis ! De toute manière, l’économie mondiale est en pleine expansion et c’est cela le plus important ! … »
 
Chers lecteurs, que pensez-vous de la qualité de ces aliments ?
Acceptez-vous de continuer à cautionner par vos achats les traitements que subissent ces animaux et les conséquences éventuelles sur votre santé ?
L’intérêt de ce questionnement n’est nullement de chercher à culpabiliser qui que ce soit, car nous avons tous consommé ce genre de produits. Au contraire, il cherche à susciter une prise conscience sur des actes tellement ordinaires, mais dont les conséquences sur les plans humain, économique, sanitaire et environnemental peuvent s’avérer redoutables.
 
D’ailleurs, certains scandales récents ont pu en révéler quelques prémices. Aujourd’hui, c’est à notre sens de la vérité, de l’authenticité et à notre volonté de changer nos habitudes qu’il est nécessaire et urgent de faire appel.
 
 
Eric Darche, Naturopathe Spécialisé en Nutrition,
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