Notre conscience existe-t-elle au delà de la mort ?

Octobre 2012

mortLes recherches scientifiques sur les expériences aux frontières de la mort (NDE ou Near Death Experiments – en francais EMI ou Expériences de Mort Imminente) ont commencé à la fin des années 1970, avec la création par le Professeur Kenneth Ring de l’IANDS (International Association for Near Death Studies) aux États-Unis.


La conscience existe-t-elle au delà du cerveau ? En 1988, le Professeur Pim van Lommel et son équipe ont lancé une vaste étude prospective sur 344 survivants d’arrêts cardiaques, afin d’étudier la fréquence, la cause et le contenu des EMI. Sylvie Dethiollaz est Docteur en biologie moléculaire, fondatrice du Centre de Recherche Noèses basé a Genève, et étudie les états modifiés de conscience associés à des situations de mort imminente. Selon elle, on ne pourra élucider ces phénomènes sans concevoir un nouveau paradigme scientifique. Le centre qu’elle a crée offre un accueil, une écoute et si nécessaire un soutien psychothérapeutique aux personnes ayant vécu une expérience difficile liée à un état de conscience modifiée, principalement au cours d’un coma.

Le centre fonctionne selon un système d’échange. Il récolte, analyse et répertorie les informations transmises par ces personnes en contrepartie du soutien qu’il leur prodigue. Voici un extrait d’une interview de Sylvie Dethiollaz, réalisée pour le compte de la revue Nexus : "Le concept de délocalisation de la conscience" correspond-il selon vous à une réalité établie scientifiquement, ou bien à une intuition, une impression, une conviction intime ? Les expériences de mort imminente (EMI) ne devraient-elles pas être considérées comme de simples phénomènes psychologiques, neurochimiques ? " S. D. : " En l’état actuel de nos connaissances scientifiques, il est difficile, voire impossible de répondre a cette question. Une chose est sure : il ne s’agit pas d’une réalité établie. Les EMI en elles-mêmes ne prouvent absolument rien. Il s’agit uniquement de témoignages (donc de données subjectives) dont le contenu est parfois tellement délirant qu’il est tout a fait légitime de les assimiler dans un premier temps a des hallucinations d’ordre psychologique ou neurophysiologique. Cependant il y a un élément de l’EMI qui est plus troublant que les autres et qui est le seul que l’on puisse espérer vérifier de manière scientifique, c’est celui de l’OBE, cette impression de "sortir" de son corps et de pouvoir se déplacer et percevoir son environnement sans celui-ci. La encore, il ne s’agit dans la plupart des cas que de témoignages, mais certaines fois les perceptions rapportées ont pu être vérifiées par le personnel médical et se sont révélées extrêmement précises, alors que l’EEG du patient était plat. Il en faudra plus, bien sur, pour convaincre la communauté scientifique que la conscience peut se délocaliser et il ne s’agit effectivement pas encore d’une preuve irréfutable sur le plan scientifique. Mais j’avoue que, personnellement, cela me suffit pour avoir la conviction intime que la conscience n’est pas le fruit de l’activité neuronale. Mais la, je ne parle plus en tant que scientifique. Je parle de mon ressenti intime et je ne prétends donc pas qu’il s’agit de la vérité."

En l’absence ou dans l’attente de preuves irréfutables, doit-on pour autant rejeter systématiquement tous les éléments qui ne sont pas en concordance avec nos valeurs et nos connaissances d’aujourd’hui ? Être dans l’incapacité de percevoir ou de ressentir un phénomène, signifie-t-il nécessairement que ce phénomène n’existe pas ? L’être humain ne perçoit ni les rayons infrarouges, ni les rayons ultraviolets, ni les rayons gamma, ni les infrasons, ni les ultrasons. Personne, de nos jours, ne songe cependant à nier leur existence ! En l’absence de théorie ou d’instrument permettant de mettre en lumière un phénomène, doit-on le nier en bloc, alors que d’autres moyens non conventionnels comme l’expérience, le ressenti, l’intuition, nous laissent présager de son existence ?

Si l’on accélère progressivement la vitesse de rotation de l’hélice d’un ventilateur au point que l’on ne puisse plus l’apercevoir, doit-on pour autant en conclure que cette hélice a vraiment disparu ? Que penserait-on d’un aveugle ou d’un sourd qui nierait la réalité sous prétexte qu’il ne lui est pas possible de percevoir certaines sensations ? L’être humain n’a-t-il pas tendance à rejeter et à refuser ce qu’il ne peut comprendre, expliquer ou appréhender par ses sens ? La rigueur scientifique devrait pourtant nous inciter à ne pas rejeter un paramètre, une expérience, une hypothèse sous prétexte qu’ils sont étrangers à nos valeurs, à nos paradigmes ou à nos systèmes de pensée. Il ne s’agit bien sur nullement d’encourager l’attitude inverse, qui consisterait à accepter toutes sortes de théories plus ou moins délirantes. Mais force est de constater que de très nombreuses découvertes de la science se sont faites au détriment de croyances antérieures devenues rapidement obsolètes.

Bien qu’il soit possible d’altérer et même d’influencer les pensées d’une personne en recourant exclusivement à des moyens biochimiques ou électriques, doit-on en conclure pour autant, que les pensées et la conscience sont prisonnières de la complexité du cerveau ? Pour le Professeur Pim van Lommel, "notre conscience est unie avec ses mémoires à sa source. Elle est stockée dans un "espace de phases" similaire à un champ d’ondes d’informations, à comparer avec les champs de probabilités de la mécanique quantique. Et le cortex ne sert que de relais à une partie des champs d’ondes de la conscience." Le physicien quantique David Bohm a appellé cela "la dimension de l’ordre implicite de l’être" , avec ce qu’on appelle l’espace de phases ou aucune matière n’est présente, ou aucune mesure ni aucune observation ne sont possibles par un physicien.

Selon Pim van Lommel : "Les champs informationnels de la conscience sont reçus par le cerveau qui fonctionne non seulement comme un récepteur mais aussi comme un émetteur, et non pas seulement comme un simple gardien de la conscience. La voix qu’on entend au téléphone, n’a pas sa source dans le téléphone lui-même. Les images vues et la musique entendue à la télévision ne proviennent pas du poste de télévision lui-même. Nous pouvons comparer notre cerveau à ce poste de télévision recevant des ondes électromagnétiques et les transformant en images et sons, ou à une caméra de télévision transformant des images et des sons en ondes magnétiques. Si on éteint la télévision, la réception cesse, mais la transmission continue. L’information transmise reste présente dans les champs électromagnétiques. La connexion a été coupée, mais elle n’a pas disparu, elle peut encore être reçue ailleurs a travers d’autres postes de télévision. C’est ce que l’on appelle "le principe de non localité".

Au cours de l’arrêt cardiaque, pendant la mort clinique, la capacité de réception des champs informationnels par le cerveau est perdue, car la connexion est interrompue, mais les mémoires et la conscience ne cessent pas après l’arrêt des activités du corps physique. " Voici un extrait du récit d’une personne ayant vécu une EMI (Expérience de Mort Imminente), tel qu’il est retranscrit dans le rapport d’une infirmière d’une unité de soins coronaires hollandaise : "Pendant la nuit, une ambulance a amène un homme de 44 ans, cyanosé et dans le coma. Il avait été trouvé 30 minutes auparavant dans le coma sur le bord de la route, après un accident. Lorsqu’on a voulu l’intuber, il a fallu lui prélever son dentier que j’ai mis sur le chariot. Nous avons fait un massage cardiaque et utilisé la défibrillation. Au bout d’une heure et demie, le patient avait récupéré un rythme cardiaque et une pression artérielle suffisants pour continuer à vivre, mais il était toujours dans le coma et sous intubation. Il a donc été transporté à l’unité de soins intensifs pour poursuivre la respiration artificielle. Une semaine après sa sortie du coma, je l’ai croisé. Il était dans l’unité de cardiologie, et dès qu’il m’a vue, il s’est écrié : "Ah ! Cette infirmière, elle sait ou est mon dentier !". Il m’a expliqué : "Vous étiez la quand on m’a amené à l’hôpital et c’est vous qui avez pris mon dentier et l’avez mis sur ce chariot ou il y avait ces bouteilles… Il y avait un tiroir en dessous et vous avez mis mon dentier dans ce tiroir !". J’étais très surprise, le patient était alors dans un coma profond et n’avait pas encore été réanimé. Il semblerait qu’il se soit vu d’au-dessus, allongé sur son lit, entouré par les médecins et le personnel infirmier. Il a pu décrire avec précision et très justement la petite salle de réanimation ainsi que toutes les personnes présentes à ce moment-là. Il était très frappé par son expérience et il m’a dit qu’il n’avait plus du tout peur de la mort."

Sylvie Dethiollaz, dont il a déjà été question dans cet article, possède de nombreux témoignages de personnes ayant survécu à des EMI. Certaines font état d’événements s’étant déroulés hors de la salle où elles se trouvaient dans le coma, parfois dans des lieux très éloignés, où elles auraient été incapables de se rendre physiquement, même en pleine possession de leurs facultés.

Eric Darche
Naturopathe spécialisé en nutrition.
Tél : 04 42 96 33 18.

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